Analyse : Tokyo Tribe

Sion Sono. Ce nom doit vous dire quelque chose si vous êtes lecteur du blog depuis plus d'un an. En effet, c'est le réalisateur du film Love Exposure/Ai no mukidashi dont je parlais il y a de cela deux ans. Continuant sur sa lancée, le bonhomme ne s'est pas arrêté et a sorti en 2014 Tokyo Tribe, adaptation du manga du même nom. Et pour une personne qui n'aime pas les mangas, on peut dire qu'il leur rend bien hommage !






Non, ce n'est pas San Fransokyo

Avant toute chose, sachez que je n'ai pas lu le mange. Je le connais de nom, mais sans plus. Je jugerai donc le film pour ce qu'il est, c'est à dire un film avant tout.

Le premier Eminem asiatique
L'introduction nous met dans l'ambiance en quelques minutes avec un plan séquence de 5 minutes où la caméra commence par nous montrer deux enfants avant d'arriver dans une rue bondée, lieu du spectacle qui va se dérouler pour les deux heures suivantes ou presque. La différence offerte entre la rue colorée et la sensation de malaise qui se dégage des personnages et des activités que l'on peut voir est assez impressionnante. Un jeune homme rappe en nous présentant la situation, pendant que des gens jouent, se battent, ou vont voir les filles de joie. Et le propos est on ne peut plus claire : les différents districts de Tokyo sont gouvernés par des gangs violents, qui semblent tous aimer la musique et se présentent eux aussi en rappant. Ce qui va être la composante principale du film, à savoir les dialogues chantés et occasionnellement accompagnés par un peu de danse, le tout dans des lieux aux couleurs chaudes et avec des styles vestimentaires rappelant les groupes de hip-hop.


Présenté comme une comédie musicale assez sérieuse et violente tant dans les actions que dans son imagerie, Tokyo Tribe s'amuse à nous perdre entre les différentes histoires de gangs que l'on suit en parallèle de la trame principale, qui a surtout pour but de nous montrer ce que peuvent faire des personnes suffisamment malades pour aimer se battre jour après jour. La bande son est certainement ce qui fait le plus la force du film, avec des textes percutants, joliment tournés mais qui je suppose perdent en intensité dès lors qu'ils sont traduits.


Violence verbale


Bordel visuel
Le découpage technique se veut assez simple et dynamique, à la façon d'un manga énergique dont on enchaînerait les pages sans faire attention au temps qui passe. Beaucoup de plans risqués sont d'ailleurs assez impressionnants, avec une caméra qui semble voler au dessus des protagonistes pour alterner les plans d'ensemble et les gros plans sans laisser le temps au spectateur de se reposer.

Au niveau du casting, les rôles semblent taillés pour chacun des personnages, du grand baraqué pas tout seul dans sa tête au chef Yakuza qui surjoue à la perfection, ils donnent tous l'impression d'avoir grandi dans les quartiers mal famés de la ville tels que décrits dans le film. Quartiers sublimés par des décors loufoques, remplis d'objets ou de personnes inattendues, à l'image de cette grand mère DJ qui permet de faire la transition entre les différents moments de l'histoire.

Hey regardes, j'suis tout nu !
Si le propos du film ne cherche pas à apporter de réelle morale, on ne peut que saluer la facilité avec laquelle il nous perd pour nous ramener à l'historie principale, et ce tout au long des deux heures de vidéo qui passent malheureusement beaucoup trop vite. Attention au public jeune cependant, si le film ne m'a pas paru aussi dérangeant qu'un Strange Circus ou Guilty Of Romance, il offre des scènes chocs qui pourraient ne pas convenir aux plus jeunes d'entre vous. Vous êtes prévenus.




Tokyo Tribe
  • Année : 2014
  • Durée : 1 h 56
  • Réalisé par : Sion Sono
  • Acteurs : Akihiro Kitamura, Tomoro Karina, Kokone Sasaki
  • Genre : Drame, Comédie musicale

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

All your comments are belong to us