Analyse : Nous trois ou rien

Ok, j'avais dit que j'arrêtai, et c'est toujours le cas. Depuis avril, je n'ai rien posté ici, et je ne pense pas poster grand chose à l'avenir. MAIS. Mais nous trois ou rien, c'est quand même LE film de cette fin d'année dont je voulais parler, parce que c'est certainement un des plus beaux qu'on ai eu de produit dans l'Hexagone en 2015. Et que je n'avais pas vraiment d'autre endroit où en parler sans que ça ne passe complètement inaperçu.




On Iran, où tu voudras quand tu voudras...

Nous trois ou rien, c'est l'histoire d'un homme, Hibat, qui vit en Iran sous le règne du Shah - incarné par un Alexandra Astier fort amusant -. Prisionnier politique, il nous raconte son histoire, de sa libération à son exil afin de fuir la violence de son pays, et nous le suivons pendant les 1h45 que durent le film. Sans vous raconter comment se termine le film, il faut avouer que son récit est assez poignant, et le fait qu'ils soit inspiré d'une histoire vraie et que les personnages aient tous existé permet de renforcer l'empathie que l'on éprouve pour nos protagonistes.

Le mec au gâteau

De la crainte de se faire enfermer, à la peur que chacun éprouve pour ses amis restés au pays. A travers un mélange d'images d'archives et de reconstitution, Kheiron nous dévoile sobrement une page de l'histoire de son pays, trop souvent occultée  ou ignorée. S'il ne s'étend pas sur certaines problématiques comme l'apparition du port du voile intégral avec Khomeini ou encore la répression mise en place par le gouvernement pour empêcher toute démocratie, c'est aussi parce que le film n'est pas un documentaire, et que ce genre de choses n'auraient pas leur place ici. 

Bien sûr, le récit n'est pas exempt de défauts, mais on lui pardonne ses petites maladresses, au risque d'avoir un récit un peu trop enjolivé.

Ce qui impressionne le plus quand on voit ce film, c'est le choix des plans utilisés. Je pense ici à deux scènes, simplistes dans leur idée mais terriblement bien pensées. Attention, micro spoiler en approche.

Le frenchie qui ose

Le plan en question
La première se passe entre la frontière entre la Turquie et l'Iran. On y voit notre héros, de dos, face aux montagnes. A sa gauche, l'Iran et ses sommets enneigés. A droite la Turquie, avec des monts verdoyants. Si on peut y attribuer une symbolique assez simple, impliquant que l'Iran est mort sous sa neige - surtout vu la séquence précédant ce moment - et que la Turquie est une terre de renouveau, il est alors facile de comprendre la joie qui envahit Hibat, alors soulagé de ne plus être recherché pour ses idées.


Le plan suivant intervient peu de temps après, lorsque la femme d'Hibat - jouée par Leila Bekhti - appelle son père - interprété lui par Gérard Darmon -, resté en Iran. La caméra alterne en des plans fixes de chacun des personnages, qui ne peuvent discuter de peur d'être écoutés par les forces du régime de l'ayatollah Khomeini. Chacun se contente de pleurer et de sourire en même, et la scène se termine par le père disant à sa femme que les enfants sont à Istanbul, et en vie.

Darmon avec du bide et qui sourit : il a
donné de sa personne

Des scènes comme ça, il y en a des tas. Des caméras avec une focale étrange, encore plus. Sans compter des acteurs parfois un peu patauds mais toujours assez justes pour que l'on puisse y croire - avec des jeunes de banlieue qui rappelleront à certains La haine de Kassovitz -. Et puis, il y a aussi de bonnes blagues. Je dis ça je dis rien.




Nous trois ou rien
  • Année : 2015
  • Durée : 1 h 45
  • Réalisé par : Kheiron
  • Acteurs : Kheiron, Gérard Darmon, Leila Bekhti...
  • Genre : Drame social

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