Analyse : Maniac (2012)

Il y a des slashers qui portent bien leurs noms, qui nous rappellent ce que le mot signifie - littéralement "découper" - et d'autres qui vont plus loin que cela. Maniac en fait partie, et je vais vous dire pourquoi.

Affiche originale du film



Avant toute chose, il est bon pour vous de savoir que je n'ai pas - encore - vu l'original de William Lutsig, et que je parlerai donc de ce Maniac version 2013 en tant que film et non en tant que remake. Aucune comparaison ne sera faite, que les fans en soient avertis.

Petit rappel de l'histoire avant de commencer l'analyse :
Dans les rues qu'on croyait tranquilles, un tueur en série en quête de scalps se remet en chasse. Frank est le timide propriétaire d'une boutique de mannequins. Sa vie prend un nouveau tournant quand Anna, une jeune artiste, vient lui demander de l'aide pour sa nouvelle exposition. Alors que leurs liens se font plus forts, Frank commence à développer une véritable obsession pour la jeune fille. Au point de donner libre cours à une pulsion trop longtemps réfrénée - celle qui le pousse à traquer pour tuer.


Deux pour le prix d'un


La première chose que l'on remarque, c'est que le duo scénariste/producteur composé d'Alexandre Aja et Grégory Levasseur a repris du service et, au vu de leur travail sur des films comme La colline a des yeux ou encore Mirrors, nous sommes en droit de nous attendre à quelque chose de correct, sinon proche de l'excellence. Ensuite, on notera Franck Khalfoun à la réalisation, connu pour 2ème sous-sol ou encore Engrenage mortel.

Tu vois, c'est comme ça qu'on joue au volley !

Et c'est en nous offrant une vue subjective maîtrisée que Khalfoun nous fait vivre la vie d'un malade mental. En proposant au spectateur de se mettre à la place du héros pendant les trois-quarts du film, l'impression de malaise ressentie par le personnage se manifestant directement dans sa vision du monde. On pensera par exemple à une superbe séquence ou Franck - notre malade mental - tourne son regard vers les personnes attablées dans le même restaurant que lui et qu'elles semblent toutes avoir une regard accusateur qui li serait destiné.

Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autre, je pourrai aussi vous parler de l'utilisation des miroirs. Ces mêmes miroirs qui, tout en nous permettant de voir le visage du héros, nous offrent une vision symbolique de la dualité inhérente au tueur qu'est le héros. Chose que nous découvrirons plus tard dans le film, même si ce jeu avec les miroirs nous permet de deviner dans quel état mental se trouve Franck.

Vous l'aurez compris, le film ne cherche pas à ce que vous vous trituriez les méninges, les symboles sont clairs et les références tout autant - si tant est que ayez vu de vieux films d'horreur en noir et blanc, sinon vous allez rater quelques références.


Le saigneur des anneaux


Ok, elle était facile celle là, mais j'avais pas mieux en stock. Concernant Elijah Wood, sa performance à l'écran reste appréciable, meilleure que dans Hooligans et aussi bien que dans Le seigneur des anneaux. Même s'il n'apparaît pas aussi souvent que Nora Armezeder - qui joue le rôle d'Anna, la photographe chère au coeur de Franck -, il arrive à nous transmettre les émotions que vit son personnage et ce de manière claire.

Anna et l'un des mannequins de Franck
Les autres acteurs ne sont pas oubliés, et si les demoiselles savent fort bien crier les classiques "Oh mon Dieu il va me tuer !", leurs diverses apparitions dans l'inconscient de Franck sont non seulement bien jouées, mais aussi bien mises en scène. 

Le tout étant complété par un travail de maquillage et des effets spéciaux qui nous prouvent par la même qu'il n'y a pas besoin de 3D pour vous donner des hauts-le-coeur, en atteste la superbe séquence de fin. Et les plus curieux d'entre vous peuvent aller fouiner dans le Mad Movies n° 259 pour en avoir un aperçu.

Au final, le film peut se targuer d'être un bon petit slasher, qui sait toucher à l'horreur ou au thriller sans perdre son spectateur. Alors n'attendez plus, foncez le voir !




Maniac
  • Année : 2012 - 2 janvier 2013 en France
  • Durée : 1 h 29 min
  • Réalisé par : Franck Khalfoun
  • Genre : Thriller, Horreur
  • Acteurs principaux : Elijah Wood, Nora Armezeder

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