Interview : Citron Bien




Paphù contre les idoles, ça vous dit quelque chose ? Vous en avez peut-être entendu parler, surtout si vous habitez à Valence, dans la Drôme. Il s'agit d'une web-série tout en pixel art, diffusée sur internet (logique me direz vous) et sur la chaîne Nolife. L'équipe qui a produit cette série a accepté de répondre à mes questions, et la série s'étant terminée il y a peu, il est temps de répondre à toutes les interrogations laissées à la fin de la saison 1 ! Comment ça, c'est pas pareil que Lost ?



Commençons par une présentation. Citron Bien, c'est quoi, c'est qui, c'est où, c'est combien ?

Citron Bien est une agence d’idées créatives multi-supports qui repose sur de nouvelles idées.
C'est une société que j'ai fondée en 2011 et qui s’appuie sur mon expérience de manager d'artistes et de projets pluri-médias.
J'avais envie d'installer une vraie relation avec le spectateur de nos projets (qu'il s'agisse de ceux qu'on produit, comme de ceux de nos clients) : qu'il puisse prendre une part active à la création, ou qu'il interagisse tout simplement !
On s'attache donc à relever le défi de développer la visibilité des projets qu'on fabrique à travers la production de contenus éditoriaux de qualité ou des expériences visuelles interactives.

Avec des dispositifs de communications créatifs et innovants, nous sommes capables de répondre aux nouvelles attentes du public : penser de nouvelles formes d’écritures, imaginer des histoires pour les nouveaux supports… etc...

Notre objectif étant de construire une relation pertinente et durable en racontant une histoire à laquelle chacun s’identifie. Chaque projet de Citron Bien s’inscrit ainsi dans un environnement adapté et utilise les meilleurs vecteurs de communication et de diffusion pour les promouvoir.

La société est basée à Valence et vient de fêter son premier anniversaire. En un an, on a déjà collaboré avec pas mal de clients et on continue de développer de nouveaux projets toujours plus ambitieux plusieurs projets ambitieux où nous imaginons de nouvelles expériences spectateurs !



Vous étiez dans le collectif KaAM si je ne m'abuse. Comment s'est faite l'évolution de KaAM à Citron bien ?

Bien vu ! Au départ, c'est vrai j'ai fondé KaAM, qui était un collectif de réalisateurs de films d'animation. Une sorte de cellule "recherche et développement" de l'animation... Et à force d'essayer de créer des choses, on finit par se dire qu'on serait le mieux placé pour les produire.

Citron Bien était donc l'évolution logique du projet d'accompagner des créatifs de talents dans leur processus de création. Et puis, KaAM n'oeuvrait QUE dans l'animation et l'interactivité. Avec l’avènement des nouveaux médias, on ne pouvait plus se limiter qu'à un seul d'entre eux. J'ai donc ouvert le champ des possibles.

Aujourd'hui, je m'appuie sur plusieurs pôles de compétences : la vidéo, le web, l'animation, l'illustration… Cela me permet de raconter une histoire en m'affranchissant de la technique et des outils. En somme, je n'ai plus de limite créative, dès l'instant où ça rentre dans le multi-supports ou le multi-écrans !



Je vois que vous avez plein de projets à côté de Paphù contre les idoles, si vous souhaitez en dire un petit mot, c'est maintenant !

C'est vrai, Citron Bien c'est l'enthousiasme ! Et j'ai la chance de porter de beaux projets qui permettent d'ouvrir des manières de raconter des histoires différentes : c'est un peu notre laboratoire d'idées.
Nos productions sont ainsi nommées le "lab": l'expérimentation qu'on opère pour en faire profiter nos clients.

L'an dernier, nous avons produit des clips (Elle Demeure et Sobre la Muerte), des pubs (Fort Dauphin, Titanium), des expos street-art (VILF) et avons développé des projets transmédias.

Diesel, par exemple, est une web-doc transmédias sur l'industrie du disque et la scène punk-rock, La Fée Lumière est un conte interactif jouable… où là encore, une place importante est donnée au spectateur.

En terme d'expérimentation, on a travaillé sur des films-courts : Récession Terminale de David Myriam est sorti le 10/10/2012 sur Arte Creative, Bleu-Nuit sortira d'ici la fin d'année et ce sont des films en animation de sable : une technique peu utilisée aujourd'hui !

Phobo, un film d'Hélène Ducrocq fait lui appel à la maîtrise de sa peur à travers un film en prise de vue réelle et grattage sur pellicule en cours de tournage.

Et puis, un tas d'autres projets tous aussi excitants les uns que les autres : un carnet de voyages, un autre doc sur l'univers musical, et d'autres films encore !

Je pourrai aussi parler des projets super intéressants qu'on développe pour nos clients : la campagne promo online d'un site web, des voeux numériques, plusieurs projections vidéo-mapping, plusieurs clips, des expos...



Passons donc au coeur de l'interview : Paphù contre les idoles, qu'est ce que c'est ? 

Paphù : c'est un personnage de 8 pixels de haut, la première série française en pixel art, une expérience visuelle et humoristique… Un peu de tout ça, en fait !




Pourquoi avoir choisi le pixel-art pour dessiner votre série ?

Au départ, c'est un projet sur lequel j'invite Jean-Pierre Poirel (l'auteur de Paphù) à faire un épisode en pixel. Le producteur de l'époque trouve ça trop "barré" (sic !).

Je vous parle de ça, on est en 2006. Devant ce refus, je demande à Jean-Pierre de développer ce concept de personnage en pixel… et de l'imaginer sur les plates-formes mobiles (le téléphone de l'époque ne faisait pas encore de vidéo… à peine le jeu du serpent !!!) pour en faire un projet autonome, à part entière.

Et le pixel, c'était idéal : c'est le même sur un écran de cinéma, de TV, d'ordinateur et de mobile !
Ensuite, s'est suivie une longue période d'écriture d'un projet transmédias… pour lequel les chaines TV nous ont toutes répondus la même chose : votre projet est excellent, mais c'est pas grand public. Et là, on s'est dit : on le fait quand même à la maison, avec le format qu'on souhaite, et voilà.

Sauf que même si ça ne coûte pas cher à fabriquer, on ne produit pas 10 épisodes comme ça… On a donc décidé d'engager le spectateur dans le processus de production via le financement participatif, et aujourd'hui les épisodes sont diffusés sur Dailymotion et sur la chaîne Nolife : de précieux partenaires de diffusion.



Le lancement s'est il bien passé ? Quels sont les retours que vous avez eu suite au premier épisode ?

Parfaitement bien !

Maintenant que nous arrivons à la fin de la diffusion du projet, on espère arriver à financer 1 ou 2 épisodes supplémentaires.

Pour cela, on espère nouer des partenariats privés qui seraient intéressés par l'utilisation de la série en tant que contenu de marque. On attend également des retours sur les revenus publicitaires qui doivent financer la suite.

Au départ, nous avions imaginé le succès de la série sur le succès public : ce sont en effet les spectateurs qui décident de la suite du projet : si ça marche, le succès financera la suite; et si ça marche pas, le projet s'arrête là !

C'est le modèle qu'on a imaginé, car produire aujourd'hui du contenu pour le web (en animation), c'est pas ce qu'il y'a de plus facile !

Mais, on peut déjà vous annoncer qu'un partenaire financera en matière de co-création un jeu vidéo online basé sur le rythme… Normal, puisque le partenaire, c'est le site de cours de batterie en ligne :www.jouerdelabatterie.fr

On attend désormais que de nouveaux partenaires nous fassent confiance, et qu'il permette à la série de perdurer. Les fans (on les appelle les "fidèles") pourront eux aussi participer à l'effort de guerre, en achetant des goodies, dont les bénéfices seront ré-investit dans la production des films, ou en pré-achetant leur épisode, etc…

En définitive, on lâche pas ce projet et encore moins les fans qui nous réclament toujours plus d'épisodes… Affaire à suivre donc !

Pour terminer, je vous laisse avec le premier épisode de la série, profitez en bien !




Aucun commentaire:

Publier un commentaire

All your comments are belong to us