Dossier : Cinéma et jeu vidéo, c'est la même chose ?

Suite à la sortie de Beyond : Two Souls, de plus en plus de magazines, joueurs ou encore sites web se sont mis à faire plusieurs parallèles le jeu vidéo au cinéma. Heavy Rain l'avait fait avant lui - et Dragon's Lair ressemblait fort à un dessin animé -, mais beaucoup de raccourcis semblent avoir été pris. Le cinéma et le jeu vidéo peuvent ils réellement être comparés comme deux médias similaires voire identiques ? La question est vaste, et il semble difficile de pouvoir lui offrir une réponse sûre. Cependant, il y a plusieurs points qui restent non négligeables.





3, 2, 1, ACTION !


Le cinéma à son paroxysme
La différence première qui existe entre le jeu vidéo et le cinéma est l'interaction. Si  certains films permettent par moments de choisir sa fin ou bien d'interagir sur l'aventure de manière anecdotique - bientôt avec votre iPad au cinéma -, la grande majorité reste une suite d'événements sur laquelle le spectateur n'a aucun pouvoir. Il apparaît donc comme compliqué de pouvoir parler de réelle ressemblance entre cinéma et jeu vidéo.

Là où le joueur peut choisir les actions de son/ses personnage(s), arrêter la partie quand il le souhaite, interagir sur le déroulement d'un histoire - et parfois même sa fin -, celui ou celle qui regardera un film ne pourra que faire pause - si tant est qu'elle ne soit pas dans une salle de cinéma - et regarder ce qui se passe à l'écran, dans l'impuissance la plus totale.

Mais il existe tout de même quelques similarités, ne soyons pas mauvaises langues. L'apparition de scènes cinématiques et leur démocratisation suite à la création du support CD pour console offrait le même genre d'expérience que devant un film. En effet, les scènes cinématiques sont des vidéos que l'on doit généralement regarder pour comprendre le déroulement de l'histoire. Et aucune action n'est possible durant ces moments là, mis à part bouger un peu la caméra comme dans Shadow of the Colossus.


Le film-jeu, piège de cristal ou presque


Non, la madame ne s'appelle pas Sam
Réussir un film n'est pas chose facile, Uwe Boll en étant la preuve vivante. Et pourtant, films et jeux s'empruntent par moments certaines façons de faire. On pensera par exemple à Max Payne, avec son introduction très cinématographique. Les plans de caméra nous plongeant petit à petit dans l'horreur que vit le Max Payne en découvrant sa femme et sa fille morte chez lui. Chose qu'a très mal repris le film d'ailleurs, mais passons.
A l'inverse, des films comme Old Boy ou Hypertension font assez bien référence au jeu, que ce soit dans leur entièreté ou bien lors de certains clins d'oeil.

Là où le bât blesse, c'est quand un film adapte soft, le film devient quand à lui très prévisible, le spectateur comprenant la trame narrative assez vite.
un jeu et fait un copier/coller de ses mécaniques. Silent Hill est certainement le meilleur exemple, sans pour autant être un mauvais film. On se retrouve à suivre une héroïne qui trouve un objet pour aller dans un autre lieu, où elle trouvera un autre objet qui la conduira ailleurs et ainsi de suite. Si cette idée de gameplay fonctionne très bien dans le jeu où l'exploration de divers endroits fait partie des intérêts du

Et oui, on ne crée pas un film comme on fait un jeu, au même titre qu'on ne va pas adapter un livre en film en se contentant de reprendre mot pour mot ce qui est dit dans le livre ! Ce qui par ailleurs m'offre une excellent transition pour la dernière partie de l'article.

Adapte moi si tu peux


Comment ne pas penser aux adaptations de jeux en films durant cet article ? Si, dans l'ensemble, les adaptations sont considérées comme mauvaises, il y a tout de même de bonnes choses à voir. Je pense ici au premier Silent Hill- quoique le deuxième se laisse regarder -, aux Resident Evil qui ont pioché çà et là divers éléments du jeu pour faire une nouvelle histoire, ou même à l'excellent Ace Attorney de Takashi Miike.

S'il est plutôt compliqué de réaliser un film tiré d'un oeuvre vidéoludique, et Uwe Boll - oui, encore lui - ou Paul W.S Anderson en sont des preuves vivantes, nous constatons tout de même que les réalisations restent nombreuse. Et encore, sans compter les fan films de bonne facture que l'on peut trouver à droite et à gauche sur le net.

L'inconvénient principal n'étant pas forcément le fait de passer d'un média interactif à un qui se veut plus "figé", mais surtout d'arriver à contenter les cinéphiles et les joueurs. Combien se sont plaint de Resident Evil, qui ajoutait un personnage inconnu au bataillon pour raconter son histoire ? Quand bien même le dernier est mauvais sur de nombreux points, il reste indéniable que nous avons là un bon film d'infectés. Idem pour Silent Hill, réalisé par un grand fan du jeu. L'exception étant que le scénario de base est resté avec plusieurs modifications, de manière notamment à l'ouvrir à un plus large public.

Ce qui me dérange le plus dans les films adaptant ou faisant référence au mond du jeu vidéo, c'est que la plupart des réalisateurs semblent se faire une image assez stéréotypée du joueur, en le représentant par exemple comme un obèse morbide mangeant des gaufres au miel comme dans Gamer - Ultimate Game en V.O. - ou en insistant bien sur différents points des films pour faire comprendre au fan que oui, c'est son jeu qui est à l'écran.

Mention spéciale à Final Fantasy : Les créatures de l'esprit qui a créé une toute nouvelle histoire sans faire aucun clin d’œil au spectateur joueur. Si le film a été un bide total, il n'en reste pas moins agréable à regarder, encore plus quand on sait ce qu'aurait pu donner la suit des événements. Mais je vous laisse regarder l'épisode de Crossed qui résume bien mieux que moi la situation à ce niveau là.







Il y aurait encore beaucoup à dire, et je pense revenir sur ce sujet à l'avenir, mais pour l'instant, vous avez suffisamment de lecture pour tenir jusqu'à la semaine prochaine ;)

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