Review : Persona 3 - Shin Megami Tensei

Entre nous, la PS3 et la Xbox nous ont proposés peu de grands RPG. Certes, des sagas empruntant à ce genre - comme Yakuza - ont su se faire un nom sans forcément réussir à gagner le droit d'être traduites, et de trop rares surprises comme NieR Gestal RepliCant ont réussi à relancer l'intérêt du jeu de rôle sur console next-gen. Par contre, concernant la PS2, c'est une autre histoire... Et pour l'occasion, je vais vous parler d'un jeu issu d'une des sagas les plus impressionnantes de cette console de salon, Persona 3. Si cet opus n'est pas généralement connu pour être le meilleur de la saga, il reste mon premier Persona auquel j'ai joué sérieusement - et le seul auquel j'ai pu énormément jouer -, c'est pourquoi je vais tenter en moins de 1.500 mots d'en faire une review. On commence ?


Persona !


Point culture avant de commencer, histoire que vous soyez au fait sur ce que signifie le mot persona. Sans entrer dans les détails, sachez que la persona désignait autrefois les masques portés au théâtre, il s'agit d'ailleurs du mot "masque" en latin. On le retrouve aussi employé par des personnes comme Carl Jung dans le cadre de la psychologie afin de parler de la représentation que l'être humain souhaite donner aux autres. Pour faire encore plus simple, on peut dire que la persona est une façade qu'utilise l'Homme face à son prochain - voyez comme on retrouve l'idée du masque ici -.
"Let's fight !"

Dans le jeu, vous contrôlez un jeune homme qui se retrouve inscrit dans une nouvelle école. Jusque là, tout va bien, sauf que certains habitants de la ville ou se situe l'établissement semblent souffrir d'un mal étrange les plongeant dans une sorte de léthargie dont ils ne peuvent plus se sortir. C'est en rencontrant Yukari - une jeune demoiselle fort gentille - que vous découvrirez les dessous de l'affaire, soit au bout d'une vingtaine de minutes de jeu. Vous apprendrez au même moment que vous possédez une puissance enfouie en vous qui vous permet d'invoquer des personas, êtres aux pouvoirs magiques capables de détruire les monstres qui hantent la ville. Il va donc de soi qu'en tant que collégien, vous allez vous allier aux autres jeunes de votre âge capables de manier les personas afin de sauver la ville. Dit comme ça, ça fait très cliché, mais je laisse intentionnellement quelques parts d'ombres afin de laisser un peu de surprise aux personnes souhaitant commencer leur première partie de Persona 3 après cet article.

C'est quand les vacances ?


Soyez attentifs en cours !
Et oui, dans Persona, vous les attendrez aussi avec impatience ! Tout le jeu se passe durant une année scolaire japonaise, il y a donc des journées à passer, et c'est durant la journée que l'aspect visual novel du jeu se fait le plus sentir. Pendant vos journées, vous pourrez donc assister aux cours en tentant de répondre correctement aux questions des professeurs, discuter avec vos amis, faire du sport, faire de nouvelles rencontres et même vous promener en ville en fin de journée. "C'est bien beau", me direz vous, "mais à quoi ça sert si nous ne devons que sauver la ville des méchants monstres ?" "A tout !" vous répondrai-je . Car en effectuant toutes ces actions vous influerez sur les statistiques de votre héros et la puissance de vos personas sur le long terme ! Cette étape est indispensable si vous voulez avancer dans le jeu, ou bien vous vous retrouverez bloqué à un moment ou à un autre.



Lorsque vous rencontrez des personnages importants, un lien se crée entre vous et cette personne. Vous obtenez alors des bonus lors de la fusion de persona - j'y reviendrai plus tard - selon l'arcane développée. A chaque personnage ayant un lien fort avec vous est lié une arcane, et c'est en tissant de nouveaux liens sociaux que vous pouvez augmenter le niveaux d'arcane et par voie de conséquence obtenir des personas plus puissantes ! Si le système est très bien pensé, il demande cependant énormément de temps. En effet, il n'est possible que d'avoir un seul rendez-vous par jour et si par malheur vous vexez l'un de vos camarades, le lien se retrouvera brisé ! Autant dire qu'il est interdit de se tromper, sauf si vous souhaitez en baver par la suite...


En dehors de ce système de liens sociaux, l'emploi du temps doit être géré au mieux afin de profiter de vos moments de liberté. Vous pouvez donc investir dans de l'équipement au poste de police, passer du temps au karaoké ou au restaurant et vous balader dans divers endroits de la ville. Et dès que le soir arrive, vous avez soit le choix d'aller vous coucher tôt - et de réviser avant, pourquoi pas ? - afin d'être en forme pour le lendemain, ou bien vous pouvez partir à la chasse aux monstres !



Tic tac...


A la fin de chaque journée, vous avez la possibilité d'aller explorer un endroit peuplé de monstres nommé le Tartarus. Le Tartarus est un donjon de plusieurs étages qui n'apparaît qu'à un moment précis, durant ce que l'on appelle la Dark Hour. Il s'agit d'une période d'une heure qui se situe entre minuit et minuit une, ce qui nous donne donc une journée de 25 heures. Durant cette heure, les habitants de la ville se transforment en cercueils et ne se rendent pas compte du temps qui passe, mais les utilisateurs de personas ne sont pas affectés. Certains civils non plus, ce qui fait que les ombres - c'est ainsi que l'on appelle les monstres -  les attaquent et qu'il se retrouvent affligés du syndrome d'apathie. Vous l'aurez sûrement deviné, c'est à ce moment là que vous et votre équipe partez à la chasse afin de glaner divers trésors, d'augmenter votre niveau et, surtout, d'obtenir de nouvelles personas pour votre héros. Les autres personnages ne disposent que d'une seule persona à invoquer, vous êtes le seul apte à changer à volonté - si tant est que vous ayez assez d'invocations en stock -.

"Excusez moi, je voudrais acheter
un bentô..."
L'u des points forts de ce jeu repose sur son système de combat qui, s'i lest assez classique, et utilisé correctement. En effet, vos personnages agissent chacun à leur tour et vous ne pouvez contrôler que les actions de votre héros. Vos alliés - 3 maximum - peuvent adapter leur comportement selon ce que vous leur demandez de faire, et l'IA s'en sort honorablement malgré quelques couacs comme un soin inapproprié ou une attaque sur le mauvais ennemi. La caméra est extrêmement dynamique, afin d'éviter l'ennui visuel qui peut rapidement arriver dans ce genre de système. De plus, lorsque tous les ennemis sont down - c'est à dire lorsque vous utilisez les magies les plus efficaces contre eux - vous avez la possibilité d'envoyer tous vos personnages infliger des dégâts au groupe complet, ce qui s'appelle une All-Out attack. Une fois ce procédé maîtrisé, vous arrivez à avancer avec plus de facilité, ce qui est indispensable si vous voulez être assez puissants contre les boss.

Boss qui n'apparaissent que lors des nuits de pleine lune, c'est pourquoi il faut toujours respecter votre emploi du temps sous peine de devoir revenir sur une précédente sauvegarde afin d'augmenter le niveau de votre équipe.


Everyday I'm levelling...


Concernant le gain de niveau, vous avez deux choses à gérer. Votre héros et vos personas. Lorsque votre héros a gagné assez d'expérience pour aller au niveau supérieur, vous augmentez votre jauge de vie de de magie et vous pouvez créer des personas du même niveau que vous. Par contre, lorsque la persona actuellement équipée gagne un niveau, vos statistiques augmentent ! Il faut donc éviter de changer trop souvent de persona, au risque de passer plus de temps que prévu à gagner des niveaux. Vos alliés ne gagnent quand à eux des niveaux que lorsque leur persona en gagne, ce qui est bien suffisant au vu du nombre de compagnons que vous serez amené à avoir.

Shoji Meguro avec
Persona (PSP) à la main
Sans transition, nous en arrivons au dernier point majeur : la musique. Composée par Shoji Meguro - qui a aussi réalisé les musiques du récent Catherine -, les pistes sont tout bonnement excellentes. Enchaînant les différents styles avec aisance, Meguro arrive à nous faire passer du rap au rock, tout en imposant des ambiances variées et propres à chaque instant. Qu'il  s'agisse de la musique de combat, des musiques d'ambiance entendues lors de vos promenades ou de celle de l'introduction, il y a de quoi être bluffé par le travail de titan effectué. Bien sûr, certaines musiques se ressemblent énormément, ce qui par moments pourra paraître redondant. Mais quand on sait que le jeu a une durée de vie de près de 90 heures, l'artiste est rapidement excusé.


Shin Megami TMTC


Il y aurait encore beaucoup d choses à dire sur ce jeu, notamment sur la qualité des séquences animées, l'histoire complexe et intéressante, le système de quêtes annexes ou encore les loisirs offerts à nos protagonistes pour passer de bons moments. Mais la review est déjà plus longue que prévue, et je pense avoir assez parlé des qualités du jeu pour donner envie aux gens d'y jouer. Certes, le jeu n'est pas exempt de défauts, et ils sont aussi cités ! La difficulté étant l'un des principaux, puisque si vous gérez mal votre emploi du temps, vous n'arriverez jamais à être assez puissants pour atteindre la fin du jeu. Chose commune en orient mais beaucoup moins en occident, surtout depuis quelques années mais là n'est pas le débat. Ah, et bien sûr, le jeu est en anglais, mais ce n'est pas tant une gêne en soi, le vocabulaire n'étant pas des plus littéraires.



Persona 3 - Shin Megami Tensei (J-RPG - Dungeon RPG - Visual Novel)  
  • Joueurs : 1 
  • Supports : PS2 et PSP (Persona 3 Portable)
  • Prix : environ 20 € pour Persona 3 et 30 € pour Persona 3 FES
  • Année de sortie : 2008

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